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17/11/2017

Erasmus+ c'est aussi pour les apprenants de la formation professionnelle

Une expérience aux effets multiplicateurs

Réaliser un stage Erasmus+ à l’étranger permet au jeune d’acquérir de nouveaux savoir-faire professionnels mais aussi de gagner en autonomie, ouverture et confiance en soi. Retour sur le témoignage d’écoles en projet.

Ailleurs : le même métier mais autrement

Emilie, 21 ans, agent d’éducation : « Lors de mon stage Erasmus+ en Italie, j’ai appris de nouvelles techniques d’animation, mais surtout, j’ai été éblouie par la manière dont les personnes handicapées sont complètement intégrées à la vie locale. J’en ai encore des étoiles plein les yeux ».

Premier objectif d’une mobilité Erasmus+ : s’ouvrir à d’autres savoir-faire professionnels. Quelques exemples pour illustrer cette richesse, quel que soit le métier. 

  • Mécanique-automobile : réparer plutôt que remplacer les pièces (Portugal) ; travail sur la climatisation des véhicules dans un pays chaud (Espagne)           
  • Restauration : autres découpes de poisson, nouvelles cuissons (carpaccio, croûte de sel), utilisation d’ingrédients locaux (Portugal : poulpe / Corse : châtaigne, figues, brocciu…) ou de produits peu travaillés en Belgique car chers (poissons et crustacés)  
  • Horticulture : nouvelles plantes et techniques (Corse : végétation tropicale, récolte de l’artichaut / Guadeloupe : récolte de bananes) ; autre approche du métier (France : jardiniers communaux très valorisés et impliqués dans tout type d’aménagement du territoire) ; sensibilisation à l’écologie (Slovénie : parcs Natura 2000, importance de l’agriculture biologique)
  • Esthétique : autres structures (Côte d’Azur : spas de grands hôtels) ; nouveaux soins (Islande : eaux chaudes, hydrothérapie) ; nouvelles techniques de massage
  • Horlogerie : technique de l’achevage (Besançon, peu abordée en Belgique)  
  • Bijouterie : technique du sertissage (Italie, peu abordée  en Belgique), conception en DAO  
  • Agent(e) en Tourisme : immersion linguistique et stage dans des chaînes hôtelières de pays touristiques (Espagne)  
  • Stylisme : autres matières premières pour la confection, créativité locale (Italie, Portugal et Islande)  
  • Maçonnerie : technique de la pierre naturelle (Auvergne, peu étudiée en Belgique mais pourtant demandée, notamment dans les Ardennes) ; restauration de bâtiments anciens (Italie)  
  • Agent d’éducation : nouvelles animations (travail des couleurs, biodanse, basking – basket adapté) ; travail du non verbal ; très forte inclusion des personnes handicapées ; approche privilégiant l’autonomie des résidents (Italie)  
  • Cuisine de collectivité : autre rythme de travail (France, distribution de 500 repas en collège) ; place importante du fait sur place 

Bien plus qu’apprendre un métier, grandir

Faire le choix d’un stage à l’étranger signifie sortir de sa zone de confort et s’adapter à un autre environnement. Autant de défis qui font grandir les jeunes.

Un enseignant raconte : « Le premier jour, mes élèves étaient paniqués rien qu’à l’idée de traverser la rue pour prendre le bus en sens inverse. Trois jours plus tard, ils faisaient le tour de l’île (Malte), seuls, pour tout voir et découvrir ».

  • Autonomie : les élèves ont dû partager les tâches quotidiennes, gérer un budget, utiliser les transports en commun locaux  
  • Gestion des émotions : partir loin de sa famille, vivre en groupe, s’adapter à d’autres conditions de vie et de travail   -          Confiance en soi : se rendre compte de ce que l’on sait déjà faire - « Pendant leur stage, mes élèves de mécanique-automobile se sont rendus compte de leur efficacité », « Les élèves en esthétique se senties valorisées du fait qu’on leur confie des clientes» ; être valorisé grâce à ces nouvelles compétences, comme ces élèves en restauration qui ont cuisiné des recettes corses dans le restaurant d’application de l’école
  • Capacité d’adaptation : « mes élèves de la filière bois ont dû travailler avec d’autres  consignes, une autre clientèle, d’autres produits et équipements »  

Faire le pas d’une autre langue et d’autres cultures

Grâce à une bonne préparation, la barrière de la langue a été dépassée. Les élèves se sont jetés à l’eau et se sont rendus compte de l’importance d’étudier une langue étrangère.

« Le premier jour, quand le chauffeur de bus nous a dit ‘Go in’, les élèves se sont tournés vers moi, affolés. Une semaine après, ils communiquaient en anglais en y prenant plaisir. Une élève m’a dit avoir plus appris en quelques jours ici qu’en 2 mois en classe ».

« Mes élèves en mécanique automobile ont dû travailler à partir de fiches techniques en anglais, qui sont d’ailleurs les supports de cours des élèves portugais ». « Je suis particulièrement fier de cet élève en animation qui a relevé le défi d’animer toute une séquence d’activité en portugais ».

Les jeunes se sont confrontés à d’autres modes de vie, goûts, odeurs, climats, bruits, ambiances et ont visité monuments et musées sur place. Ils se sont ouverts aux savoir-faire locaux en lien avec leur profession : visite de caves de porto et vinho verde au Portugal pour les élèves restaurateurs ou découverte de la foire de l’or pour les élèves en bijouterie.

Un réel + pour le CV

Emilie, 21 ans, agent d’éducation : « Lors de mes entretiens d’embauche, les employeurs m’ont posé beaucoup de questions sur mon expérience Erasmus+ en Italie, très positivement intéressés ».

Suite à leur expérience Erasmus+, les jeunes rencontrés souhaitent repartir, voire travailler à l’étranger dans le futur. Certains se sont vu offrir un job d’étudiant ou même un emploi stable dans leur endroit de stage. Pour tous, cette expérience est une réelle plus-value sur le marché de l’emploi.

Ça existe pour les enseignants ?  

Les enseignants du qualifiant peuvent eux aussi partir se former à l’étranger. Comme ces professeurs de mécanique-automobile, revenus du Portugal avec de nouvelles pistes de réflexion sur l’évaluation où élèves et professionnels passent les mêmes évaluations dans des centres de validation des compétences, ou encore, ces formateurs en stylisme qui ont actualisé leurs méthodologies dans des ateliers de créateurs locaux.

Envie d’ouvrir votre école à ces stages ? Contactez-nous et suivez notre page Facebook pour découvrir d’autres témoignages.   Merci à toutes les écoles en projet Erasmus+ avec le Centre de Coordination et de Gestion des Programmes Européens et sans qui nous n’aurions pu avoir ce retour d’expériences.